11 février 2007

le TCHOUREUR !!!


























Le petit dessin dont je vous fait part est l'illustration d'une anecdote: Un des nombreux moments mémorables en sa compagnie , il y a plus de dix ans...
Désolé pour les amateurs de récits concis...La résurgence de cette mémoire me pousse à la logorhée...

Cela remonte à ma prime jeunesse dans le monde de l'animation...
...Qui a dit que ça commence à dater?...

Tout frais moulu des Gobelins je me trouvais avec quelques camarades de promo au département assistanat du studio Amblimation à Londres pour mon premier boulot.
Cette aventure anglaise se terminait et mon ami Eric (Eric Serre) et moi avions dans l'idée de ne pas rentrer les mains vides.
Eric et moi nous étions alors...Il faut bien l'avouer...Jeunes, beaux, intelligents, idéalistes...remplis d'ardeur et d'espoirs...

Dans ce studio, un instrument nous faisait rêver: le fabuleux crayon COLERASE.
Un véritable trésor! L'arme fatale de l'animateur: Un peu comme excalibur pour le roi Arthur, le sabre laser pour Dark vador, ou le canif pour Mac gyver...Bref.. une sorte de graal introuvable à Paris même chez les meilleurs papetiers.
Ce crayon de couleur gommable, dont les variations d'intensité sont d'une richesse déconcertante,
est un chef d'oeuvre.

Eric et moi animés de l'esprit chevaleresque propre à cet âge...étions prêts à tout pour en emporter quelques uns avec nous pour terminer notre film une fois de retour à Paris.
Le trésor était tel que nous étions prêts à mettre un un orteil du côté obscur de la force...en barbotant quelques crayons discrètement. Sur le nombre...Steven Spielberg pouvait-il le remarquer?

Mais bon, un certain nombre d'employés du studio avaient du succomber au côté obscur avant nous car il en disparaissait chaque semaine plusieurs dizaine de boites (pas de notre fait).
Monsieur Spielberg trouvait que, quand même, c'était un peu fort de café...
L'armoire à fourniture était donc sévèrement gardée par de serviles cerbères...complètement incorruptibles...

Nous commencammes donc Eric et moi, à sombrer dans le desepoir...Allions nous dissoudre totalement dans la Guinness et finir en épaves?...
Après la dixième pinte, un mince espoir émergea: Pour ne pas rentrer bredouille, alcooliques, et totalement deses pérés, nous allions économiser les crayons qui nous étaient attribués...c'était un peu la misère. Un projet de fourmi laborieuse ou de moine tibêtain au stade ultime...Mais bon, nous étions prêts à tous les sacrifices...

Après une scéance de méditation homérique Eric, divinement inspiré inventa « l'use-bout » (Modèle déposé) L'use-bout est un manche de bois prolongé d'un receptacle tubulaire.
Il permet de prolonger la vie d'un crayon jusqu'au dernier centimètre.
Eric découvrit également que, dans leur grande générosité, les animateurs du studio avaient décidé de ne pas jeter les crayons usés. Ils gardaient leurs bouts de crayons et les collectaient dans des boîtes pour les enfants de l'école maternelle du quartier.
Inutile de vous dire que les enfants de l'école maternelle n'auraient pas fait la difference entre de vulgaires crayolas et ces merveilles de la technologie.

Eric et moi étions outrés.


Nous entreprîmes donc de dévaliser sans scrupules les petites boites de crayons (dont certains n'étaient parfois usé qu'à moitié) pensant que dans l'efervescence de cette fin de production personne ne remarquerait notre petit manège.
C'était compter sans le sens de l'observation de notre ami PITRAK.















La tête basse, les traits tirés et le regard fuyant, nous dûmes bien avouer notre crime, et comme faute avouée est à moitié pardonnée...
Malgré la bassesse de notre geste, et comme il faut bien se serrer les coudes de temps en temps,
PITRAK n'en dit rien à monsieur Spielberg.

Il ne reste de ce miserable geste que ce dessin et le souvenir du regard suspicieux des douaniers anglais lorsqu'ils constatèrent que nos valises étaient pleines de vieux crayons usés (et de feuilles d'anim perforées...parceque ça aussi c'est pas mal...)

5 commentaires:

Damien a dit…

^^
Sympa l'anectode pour ce premier "vrai" post.
Vivement la suite.

zébé a dit…

hello mister Damien.
merci pour ton indulgence.
(et pour ton courage)
Z;-B

Patrick a dit…

Faute avoue est "totalement"pardonne Christophe.Maintenant que tout est digital,il est bon de se rappeler de ses bon vieux col-erase 20044 blue ou 20068 light blue ,voir meme pour ceux qui on des bons yeux le fameux col-erase copy-not 1298 non-photo blue.Et bien sur le fameux "use-bout"1098 N KOH-I-NOOR qui comme son nom ne l'indique pas viens d'Allemagne,Et qui nous permetais d'utiliser nos crayons jusqu'a la gomme.Oh j'allais oublier le col-erase 20064 orange pour Nicolas Marlet et Rob Stevenhagen 1277 Carmine red pour Daniel Jeannette et 20043 brown pour Pres Romanillos.

zébé a dit…

alors là, bravo Mr P
ça c'est du boulot d'Historien!
(ça calme!)

jean millou a dit…

Oui bonjour, je voudrais ici témoigner de l'utilité toujours aussi vivace et incontournable du divin "use-bout", par exemple, pour les gens qui travaillent sur des dessins de livres, par exemple. Genre des BD, ou alors des trucs pour les enfants. Parce que ceux-là, ça leur troue un peu le portefeuille de s'acheter tout le temps des super crayons de couleur. A noter que cet ustensile rentre, lui aussi dans le matos "professionnel" dont l'achat peut être déduit de notre déclaration de revenus!